samedi 16 septembre 2023

ECRIRE EN BELGIQUE (sous l'oeil de la Bienpensance)

 


Bien-pensants et bienpensance ce sont des termes de libre circulation en langue française, celle qui les avait vu naitre. Car celui de bien-pensant apparut pour la première fois et atteignit sa plus grande diffusion dans l'ouvrage de Georges Bernanos (hors de tout soupçon) "La peur de bien-pensants" une sorte d'apologie et revendication, cet ouvrage tout en entier, de la figure et l’œuvre de Edouard Drumont, auteur et éditeur de "La Libre Parole" et exposant décrié de l'anti-sémitisme contemporain (également en langue française) 

Et cela vient on ne plus à propos après lecture -quelque peu espacée mais reprise jusqu'au bout récemment- d'un ouvrage -thèse de doctorat- d'une rare érudition -comme un vade-mecum de la classe universitaire ici, et de la classe politique à la fois- d'un impressionnant appareil de références accompagnant, style, verve et qualité littéraire du plus haut niveau en plus, sur l'ensemble de la littérature catholique belge dans toute la période d'entre-guerres

D'une chercheuse belge (hors de tout soupçon), si profond et pertinent dans beaucoup de ses réflexions que moi -ancien prêtre catholique -et de par certaines allusions univoques telles qu'à la vie de bohème (sic) ou aux "électrons libres" et j'en passe)- ne pus pas moins de m'y sentir visé et d'y voir une sorte de règlements de comptes, sinon avec le passé individuel de l'auteure (qui sait? Je n'en sais rien), mais sí par rapport a son passé collectif, du fait de sa nationalité (belge) 

Des comptes d'une guerre civile européenne (sic), travestie hier comme aujourd'hui -tel que l'avait dénoncé Dominique Venner dans l'un de  ses derniers ouvrages- en guerre de religion. Protestantisme et libre-pensée, de mèche tous les deux face à un catholicisme dénigré en bloc, sans nuances ni distinctions et -cela va de soi- tourné (convenablement) en dérision. Car la mise en accusation -à titre de complicité directe ou indirecte ou de compagnonnage de route du nazisme et de la Collaboration- de panels entiers de l'Histoire littéraire belge et de culture contemporaine (presque tout entière) tels qu'on voit se dérouler au fil de ses pages, m'invitent (on ne peux pas moins dire) à relever un pareil défi. Et c'est dès le début de ce parcours ou de cette dérive, qu'on est en train de le voir ainsi.  

Et c'est à partir de "Durendal", la première revue littéraire de l'histoire belge, objet d'oubli flagrant-et pour quoi?-  dans le cours "Catholicisme et Littérature" que j'avais suivi à l'ULB -Institut des Religions- fraichement débarqué en  Belgique. C'est peut-être que la ficelle était trop grosse d'y voir dans cette revue pieuse, un peu bondieusarde (peut-être), historiquement pleine d'intérêt nonobstant et d'un indéniable haut niveau littéraire à la fois -tel que je le découvre quelque peu ébahi maintenant-, d'y voir donc le point de départ de cette dérive à laquelle je fais allusion, qui amènerait tout droit vers le  rexisme et la Collaboration (*) D'où que cet énigmatique silence s'apparente par trop à une montre de pudeur. Analyse marxiste d'histoire de la littérature -marque Hobsbauwm-  sociologie du métier d'écrivain accompagnant, mais vraiment! Au point qu'on dirait que l'auteure en prend de la graine (à profusion) 

Là où le catholiques et le catholicisme -le catholicisme à la belge du moins, au sens non seulement religieux et ecclésiastique, mais culturel également- figure dans le camp des perdants (de naissance) et des vaincus of course. Cloué au pilori au sens propre et figuré- dans la personne du repoussoir attitré ici -après le Duc d'Albe- savoir Léon Degrelle. Avalant ainsi en même temps les plus grosses couleuvres, telles que celle de montrer le catholicisme -pratiquant, aussi bien que de naissance- de rexistes les plus voyants -a commencer par le "beau Léon" (*)- tels que José Streel, ancien louvaniste (brillant) et condamné à mort -en appel de sa peine d'emprisonnement, quelle correction! (...)-  et exécuté (sans pitié) pour délit de presse (savoir de "mal-pensance") à la Libération (...)

Ou se laissant aller si loin dans sa passion de vindicte partisane et politique jusqu'à  pourfendre des personnalités du plus haut envol tel que Pierre Nothomb, quitte au risque d'abattage ou de jeter le discrédit  en même temps sur l'ensemble de la classe politique belge d'alors (et de leurs illustres descendants dans  la Belgique d'aujourd'hui) 

 (*) Un fil conducteur qui allait de Maurice Barres à Charles Maurras (point de passage obligé bien évidemment), en passant par des "maitres du dehors" (pas des catholiques, ni nationalistes non plus), tels que Psichari, petit fils de Renan, et de ce dernier même. Jusqu'à (last but not least) Robert Brasillach. Point. En y ajoutant tout de même deux noms de chrétiens (sic) -non catholiques mais quelque peu compromettants (ou compromis)- tels que Paul Desjardins -Union pour l'Action Morale, et Décades de Pontigny (1922-1939)- et le russophile (et ami de Paul Bourget) Melchior de Vogüé (prononcé, tel que le professeur nous faisait remarquer, quelque peu amusé, avec un u. Mais pas un mot -j'en suis formel- de Durendal. Pour quoi?

 (*): ".../...Rex étant une dissidence catholique" (op. cit. p.  94)