dimanche 2 juillet 2023

DEGRELLE (2)


 

Degrelle, le nazi/catholique Degrelle, fut tout d'abord un pur produit du catholicisme belge, "à la belge". Et non pas espagnol, quoiqu'il trouva refuge là-bas précisément. Ceci dit malgré la tendance à l'amalgame facilement détectable (à n'en point douter) parmi beaucoup des lecteurs de ce blog. Et prouve et illustre ce que je viens de dire -sonnant fatalement à boutade aux oreilles de certains hélas-  le chapitre tout sauf banal de son engagement chez les cristeros mexicains au point qu'il s'en alla là-bas tout jeune et tout au début de sa trajectoire  (sous le nom de guerre de Danton) En tant (nota bene) que reporter du "XXe siècle", journal d'obédience catholique, dirigé par le père Picard. Tel que je me plais de l'expliquer ici à l'attention de mes lecteurs. La guerre des Cristeros -1926-1929- , la Cristiada, comme l'appellent certains, fut une insurrection armée de la grande majorité des catholiques mexicains au nom (sic) de la liberté religieuse, et patronnée avec tous les "nihil obstat" et bénédictions par l’Église catholique belge, bénie et incitée même par l’Épiscopat dans sa première phase tout au moins- et dont le principal foyer -véritable alma mater de l'!insurrection- se trouva a l'Université catholique de Louvain où étudièrent des principaux leaders cristeros -tel que le padre Pro (*) La célèbre université catholique belge fut en effet matrice spirituelle et intellectuelle de l'insurrection, de par son mouvement d'action catholique, de jeunesse, et de par les liens étroits de ce dernier avec sa branche mexicaine (ACJM), nerf principal de la rébellion. Et l'équivoque caché sous ce terme de "liberté religieuse" -tel que le mit en lumière la dissidence catholique traditionnelle, ou traditionaliste, à l'occasion du Concile Vatican II, au sujet du document conciliaire "Dignitatis Humanae"- fut  l'origine, en tant que racine première, de l'échec de l'insurrection cristéra, voire de sa tragique défaite en guise de sanglante colophon: ce que signifièrent les soi-disant Arreglos (compromis, accord) entre le gouvernement mexicain et certains membres de l'épiscopat -sous pression directe nota bene de l'ambassade des États Unis)-, qui scellèrent la fin de la guerre civil en mettant fin à l'insurrection, au nom de la liberté religieuse justement, et ce fut de par la réouverture des lieux de culte et la reprise de ce dernier, interdit par le gouvernement mexicain jusqu'alors. Ce que la majorité des cristeros interprétèrent (tragiquement) à leur tort comme un gage ou signe du triomphe de leur cause,  qui se solda en échange -en choisissant ainsi ces derniers la voie de la démobilisation- par une violente, voire barbare répression, et l'élimination physique de ces dirigeants d'un prime abord. 

Pendus ces derniers -en servant ainsi de leçon- des postes de télégraphe tout au long des principales voies routières dans les états les plus marqués par l’insurrection, ce qui servit de toile de fond du roman "El páramo en llamas" de Juan Rulfo, best-seller de la littérature en langue espagnole et titre emblématique du "boom latino" des années 60, qui jouit de mondial succès et extraordinaire répercussion. Et ce qui fut précédé d'une vague de protestation de plus en plus violente des catholiques militants empruntant même la voie des attentats, ayant ceux-ci notamment pour cible privilégié le président Alvaro Obregon, de par son anti-cléricalisme belligérant et sa condition de franc-maçon.  Et en tout cela, Degrelle tout jeune, alla s'y jeter en feu et en flammes au nom de sa foi catholique, sous la caution suprême du catholicisme romain et de la Tradition. Tout en restant (strictement) sur ces entrefaites au sein d'un courant de pensée anti-moderne, anti-Lumières -toujours donc dan l'ordre de la (libre) pensée- , qui allait déboucher (fatalement) pour beaucoup des catholiques, sur la Collaboration

(*) Padre Pro (Miguel Agustin) fut un ecclésiastique mexicain proche du mouvement cristero, accusé de complicité dans un attentat failli -pour compte (nota bene) de la Ligue de Défense de la Liberté Religieuse- contre le futur président Alvaro de Obregón, candidate à a présidence alors-, que le président Calles ordonna fusiller sans jugement préalable, à la veille du déclenchement de l'insurrection. Il fit des études à l'Université catholique de Louvain et vécut dans une communauté de pères jésuites à Enghien (1924-1926) jusqu'à un an avant sa mort. Dans sa correspondance, il se réfère à la Belgique comme sa mère, et à l'Espagne comme sa "grand-mère" (seulement) (...)  Il est objet de culte (de martyrologe) chez les catholiques mexicains et fut béatifié (en 1988) par Jean Paul II

vendredi 30 juin 2023

DEGRELLE (1)


Damnatio memoriae. Une peine enregistrée dans l'Empire romain -frappant même la figure de certains de ses empereurs- de retour aujourd'hui en se glissant comme en catimini sous les voiles du non-dit dans la vie politique belge telle une menace latente plus qu'une réalité, planant comme épée de Damoclès sur tous et bien particulièrement sur ceux qui se croient dans le devoir de maintenir vive la mémoire historique sur des périodes et des épisodes livrés toujours à la polémique et à la voracité des chercheurs (et des chercheuses), se référant à la I et à la II guerre mondiales notamment. Et aux figures qu'y jouèrent un rôle du premier plan, et parmi elles, dans la tête et l'esprit de tous mes lecteurs, se dresse en invité muet silencieux (convidado de piedra) le tonitruant et charismatique chef rexiste, Leo DEGRELLE. Remuer le passé, raviver les plaies, ce dont moi et mes amis accusons les partisans de la mémoire des vaincus de notre guerre civile? Me sauver moi même plutôt, me racheter de l'ignominie et l'infamie où je me vois condamné tel que le prix de péage de mon séjour en Belgique d'une exceptionnellement longue durée. Et c'est arborant le drapeaux ou les drapeaux plutôt, que ce dernier avait brandis, ceux-là du moins se dressant toujours bien hauts -et propres- tant d'années passées. Et je me sers de fil conducteur d'une biographie théoriquement à sa décharge, de la plume de quelqu'un qui lui fut très proche, tellement proche que on se demande au fil de la lecture s'il s'agit -au lieu d'une plaidoirie en bonne et due forme- d'une réquisitoire voire un règlement de comptes plutôt, tellement ces pages semblent empreintes d'un besoin proprement existentiel de prise de distance, en somme de se dédouaner au dessus de tout. Prises néanmoins toutes ces supputations qu'y sont versées comme argent comptant chez les chercheurs et les organes le plus autorisés en documentation et en études historiques, de prés ou de loin lui concernant, sans besoin d’ultérieures explication ou de preuves. Comme une double ou triple peine, voire ad infinitum, celle relevant d'une mémoire damnée en effet. 

Manière de gommer ou d'effacer dans les mémoires de ses contemporains et compatriotes et des descendants de ce derniers, la facette cachée, a coté de celle de leader et de combattant, celle de martyr et de persécuté, en somme d'homme souffrant. Dans sa personne et dans ses plus proches: ses parents morts d'un âge très avancé en prison, son frère handicapé tué dans un attentat de la Résistance au compteur de la pharmacie -que paisiblement, il desservait- dans leur lieu natal à Bouillon-, sa fille ignoblement harcelée et persécutée à la fin de la guerre, et son fils unique même, mort en accident de circulation dans leur exil espagnol, comme si le Destin voulait pour sa part achever la tache sur lui, en justicier et vengeur. Ce qui ne vient qu' a illustrer en somme le caractère unique, exceptionnel, atypique qui est celui de sa figure et de sa trajectoire a coté de tous les leaders ou chefs de mouvements de l'Ordre Nouveau. Au point que sa figure s'agrandit au bout des années, à l’extrême de se dresser de nos jours en témoin voire évangéliste (sic) de la mémoire des autres/vaincus de l'autre guerre civile, savoir la guerre civile européenne d’où la clé de ce damnatio inflexible et de l'acharnement dont il se voit en Belgique encore aujourd'hui l'objet.  

Un pays catholique et (à son insu) hispanique  par dessus le marché, ce qui nous fournit la clé de l'énigme qu'entoure la figure de Degrelle. D'un leader catholique hors de tout soupçon faisant figure d'exception parmi tous les autres leaders de l'Ordre Nouveau. Et c'est ce qui ressort d'un prime abord de la biographie à la quelle je faisais allusion. Et c'est le besoin dont l'auteur fait preuve de crucifier, savoir clouer au pilori d'une mémoire damnée, et de stigmatiser le leader rexiste au nom ou pour compte de la religion. Là où je me sens honnêtement dans le devoir d'ajouter ma voix au chapitre, pour des raisons faciles a discerner chez mes lecteurs. Bien évidentes ou a la vue de ces derniers certaines d'entre elles, filtrées et d'un éclairage plus laborieux que celui d'autres, au point d'avoir besoin d’être éclairé moi-même d'un prime abord, et c'est dans un procès de prise en conscience semblable ou en parallèle à la mémoire de la Collaboration enfouie et non moins vivace et présente au sein du courant catholique traditionaliste français tel que j'eus l'occasion de le constater et mesurer dans toute sa profondeur et sa portée, mes années au séminaire d'Ecône, et à la aide également de figures emblématiques de ce courant quoiqu'en marge de l’œuvre de Mgr Lefebvre, qui en faisait figure de père fondateur. 

Et je pense en particulier a l'Abbé de Nantes que j'avais connu personnellement dans sa communauté de Saint-Parres-les-Vaudes -prés de Troyes-  l'été 1974, à quelque mois de mon départ pour le séminaire traditionaliste, et avant sa rupture (définitive) avec l’archevêque rebelle et au début de la rupture avec le Saint-Siège de ce dernier au bout d'une voie de dissidence jalonnée par la suspension "à divinis" sous Paul VI et achevée sous son successeur Jean Paul II par ia peine d'excommunication. Sans mes années à Ecône on n'explique pas, c'est vrai, l'ensemble de ma trajectoire et en particulier les étapes et jalons plus polémiques et éclatants de cette dernière. Mais sans la gravitation qu'eut sur elle et sur moi-même la figure de l'abbé récalcitrant, non plus. Quelqu'un, au contraire de Mgr Lefebvre -tombé celui-ci du bon cote, de celui des vainqueurs, après la guerre, en mémoire de son père partisan de l'Action  Française, et engagé dans le sillage de celle-ci du coté des alliés les premiers jours de la guerre et d' l'occupation, et suite à cela mort -de mort violente- en déportation ce qui lui valut à son fils le titre de compagnon de la Libération, et ce qui explique le rôle d'arbitre suprême qu'il joua a sein de la mouvance traditionaliste, née bien avant qu'il n'en prenne pas la tête, et sans non plus  rien lui devoir, ce que l'Abbé de Nantes n'hésita pas a lui reprocher.  Ce dernier lesté en échange par son passé compromettant -dont il ne faisait aucun secret d'ailleurs- aux Chantiers de la Jeunesse sous le régime de Vichy, ne faisait pas le poids -sur le plan de la politique religieuse- face à l’archevêque rebelle, mais son indéniable présence dans l'orbite de ce dernier illustre au mieux le compromis aussi tacite fut-il (ne relevant que du non-dit) de la Mémoire d'une "Résistance de droite" -incarnée par l’archevêque- et celle de la Collaboration que l'abbé de Nantes représentait a juste titre à mes yeux. 

Tel que je me sentis moi-même dans le devoir de conclure à la vue de sa trajectoire de ce dernier et à la lecture de certains de ses écrits à titre de temoignages autobiographiques dans l'édition en espagnol de "La Contre-reforme Catholique au XX siècle", dont il fut directeur et fondateur. Comme lorsqu'il évoquait la profonde déception subie devant la réponse de l'un de ses supérieurs ecclésiastiques chez qui il était aller se confier devant les attaques -vers la fin de la guerre, à la Libération- dont il voyait le maréchal Pétain l'objet. "Il avait trompé le peuple", se vit-il vertement riposter. Ce qui lui sembla le meilleur échantillon d'une attitude -lâche, opportuniste, clérical tout court- de double jeu que fut à partir de là cible préférée de son combat, et leitmotiv de sa révolte jusqu’à la rupture avec le Saint-Siège, au nom de la Tradition. 

Ce qui rejoigne fatalement à mes oreilles ce que j'entendis de la bouche même d'Umberto Eco -hors de tout soupçon- lors d'une conférence pour des universitaires à Bruxelles, fraichement arrivé moi-même ici, lors qu'il relia le nazisme à une Tradition primordiale (sic) Ceci en parallèle aux déclarations retentissantes de Martin Heidegger publiées en "Der Spiegel" seulement après sa mort où il relia le national-socialisme à "la tradition philosophique" (a son tour) Ce qui explique l'épais tabou entourant -et de la peine de mémoire et peine de mort accompagnant (post mortem), jusque aujourd'hui, s'il vous plait, la figure du nazi/catholique (sic) -si je peux m'exprimer ainsi- qu'offre aux générations futures Leon Degrelle  

 (a suivre)  

mercredi 21 juin 2023

LA BELLE ÉPOQUE (DU GÉNÉRAL)

 

 


 

Rien à faire. L’Éternel (de l'Eternité) -qui faisait frissonner d’allergie invincible ce prof libre-penseur (éternel dans mes souvenirs, c’est vrai)- IL EST (id est), et belle et bien existe (à jamais!) C'est la première idée qui m'est venue à l'esprit en écoutant bouche bée (et larmes chaudes à l'appui, à quoi bon le cacher?) la mélodie  -de mes années adolescentes- mettant fin au film qui empruntait son titre à la chanson éternelle. Pour quoi? Procédure très fréquente dans l'industrie cinématographique ces derniers temps, a ce que l'on voit. Mais il y en a encore quelque chose, à ne pas en douter. L'éternité (sic) d'un même état d'esprit, jeunes et adultes et les enfants même, et d'une situation nouvelle , qui le restera  au bout des jours. Années soixante, époque éternelle, belle/époque. Jusqu'en 68 (et je n'entre pas en discussion bien entendu) Ou est-ce par hasard que ces deux chansons -d'une et même époque!- soient resté dans mes tympans (à jamais?) France éternelle, que dis-je, éternité du charme français! De la femme française -Sylvie, France (...)-, blonde  de préférence, et l'avouant de vive voix ou par écrit, que sais-je, le seul moyen de nous en voir -de m'en voir, moi, Espagnol- libres à jamais? Mais encore plus profond, plus inéluctable c'est la mise en valeur de la Culture (en majuscules)  que cette explosion de musique du peuple, de la foule, vint réhabiliter- de la France éternelle, de l'éternelle chanson/française, de sa douceur éternelle, d'une nouvelle/époque où l'on riait et l'on chantait et, comme je lisais hier dans ce temoignages de la mémoire visuelles que son les commentaires des discussions digitales, des réseaux sociaux, "où l'on dansait comme des fous dans une chambre, dans un garage, et on se bécotait dans le noir" (également comme des fous) Culture, Musique et Poésie allant de pair, populaires et élitistes à la fois, le grand scandale ma foi! Le secret de leur force, de leur accroche, tant d'années déjà passées, des années 60, époque dorée. C'est ce que l'on sentait et l'on ressentait comme une lubie, comme une obsession dans la presque totalité de commentaires (déjà vieux, en alluvion) du vidéos en question. Leur coté relâché (d'un engranage quelconque) et bénévole en même temps, bourgeois ou petit bourgeois, libre et désengagé, qui sait? France d'une nouvelle belle/époque? Peut-être mais ce qui est sûr c'est qu'elle portait un nom -d'emprunt ou vrai- sur tout autres, celui du chef d’État, qui sur elle et sur ses rires et ses espoirs ses joies et ses tristesses attentivement veillait. Celui -dont le nom est dans l'esprit de tous, savoir du Général -le Grand Charles- qui marqua son pays et son époque (de deux cotés de Pyrénées?). D’où le mystère de son secret. Entre la Grandeur et le Néant (De Gaulle, Dominique Venner díxit) Entre la gravité des affaires d’État et de la Politique (sacrée), et la plus pure et -gratuite- et frivole banalité. Et sous les airs de la chanson éternelle. "Je serais la plus belle, la plus belle pour aller danser"

mardi 13 juin 2023

PHILIPPE OU HABIB, DILEMME TRAGIQUE Á L'ÉCRAN

 


Fable ou exorcisme plutôt, "a la belge", ce film à grand succès, et c'est de ce casse-tête identitaire -chrétien, musulman?- qui menace à tout moment d'exploser et avec lui de tout emporter, et depuis un moment déjà. Et bien réussi et bien fait, de par le choix du personnage du premier rôle pour commencer. Un acteur français -et bien français malgré le coté italien de son nom, et précisément pour ca?- qui se prête -et se prête fort bien- a jouer l' Arabe -ici le Marocain- de service, et dans la vie, et aussi dans la mise en abime, soit dans le film également. "Une quelconque ressemblance avec le réel, de la pure coïncidence?" titraient certains films (de la Paramount) dans l'Espagne d'autrefois. De l'humour et de  la poésie sans d'autre prétentions, à une exception près tout de même, et c'est celle de la toile de fond historique -d'histoire de religions à proprement parler- celle du rapport -incontestable à maintes points de vue- entre la reforme franciscaine (et l'Islam), et le rêve franciscain du Poverello, de pauvreté radicale, de contacte avec la Nature, jour et nuit (à la belle étoile), et pari passu de la fin d'un cycle et de la mort d'un idéal (alors déjà obsolète) de la Croisade -et celui de la "Reconquista aussi ?, dilemme fatal-, et celle d'un rêve encore plus tenace,  celui de paix (et amitié) avec l'Islam (....) (*) Une "schizophrénie" donc, et dans la tête de premier rôle, et dans celle du réalisateur du film (comme le suggèrent certaines critiques de spectateurs), poussant celle-ci néanmoins ses racines au plus profond de notre histoire (commune), ma foi? Et malgré tout ça, c'est un film agréable à voir. Pour quoi? Exorcisant nos craintes à base de poésie et d'humour à la belge aussi "joyeusement décalé" fut-il? qui lo sa? Entre Habib et Philippe -du nom d'emprunt au nom réel-, entre les loups et les agneaux (je veux dire les moutons), entre le père (touchant) marocain qui se demande à la veille de sa mort, de ce qu'il est venu faire dan ce pays-là, et la sœur qui sait par contre se débrouiller elle-seule (et comment?), le psychodrame de l'immigration -en masse-, voire la tragédie -pour eux autant que pour nous- (nous) est étalée en grand à l'écran, ayant comme toile de fond le quartier de Molenbeek, celui qu' Eric Zemmour voulait bombarder (sic) Comme par hasard? France et  Belgique, vérité en déca, erreur au-delà? (díxit, de l'Espagne, Pascal)

L'Antechist", Frédéric Nietzsche (n°60)

lundi 15 mai 2023

RENAISSANCE DE LA TRAGEDIE AUX STATES?


 

James Ellroy dépeint au fil de ses romans en noir -ayant de toile de fond la vie quotidienne de la société nord-américaine-, un pays? le sien, les États Unis, peuplé de gens curieux -à la limite du voyeurisme- morts d'envie de tout savoir sur leurs voisins le plus proches, ce qui rejoigne quelque peu ce fresque du même pays offert dans un film à succès hier dimanche en salle au centre de Bruxelles, d'un personnage en proie à tous les fantasmes et paranoïas, à l'image de son propre pays on dirait, règne de l'absurde -de ce qué l'on voit dans le film- à la mesure de l'absurde -très yankee parait-il- de ses décors et ses scénarios. Et avec cela on entend pallier âpres coup (un peu) le sentiment dominant chez les spectateurs à la sortie du film qui en témoignent dans les réseaux sociaux- de n'en avoir "rien compris". Ce qui nous dévoile nous par contre -a la limite de la plus radicale de dystopies- ce qu'elle était pour nous, cette image d’archétype collective et subliminale à la fois, d'utopique et de paradisiaque -bien ancrée dans notre conscience et notre mémoire collectives d'occidentaux-, celle du Big Brother, les États-Unis. Et c'est avec ce sentiment prégnant de brutal éclairage, voire de dépossession qu'on sort de la salle, et c'est ce que presque aucun des spectateurs -il est fort à parier- aura réalisé après tout, d’où leur désarroi et leur perplexité. Des gens curieux, les citoyens USA, paranoïaques, et hypocondriaques (pour la plupart) au surplus. Le tout avec une touche de désespoir ambiant, illustrée au plus haut point de par la silhouette et le profil quelque peu monstrueux de ce personnage du film devenu dingo comme ce n'est pas possible, faisant irruption aux moments les plus inattendus, en proie à des réactions ou des pulsions qui ressemblaient de tout près au choc post-traumatique des situations  ou des moments de guerre, comme celles qu'elle aura trainées derrière elle la plus grande puissance de la planète dans l'ensemble de l'après-guerre jusqu’à nos jours. Et l'indéniable puissance cathartique du film se voit renforcée vers la fin avec toutes les allures d'une Odyssée hallucinée, et dans le décor et dans l'affrontement tragique de deux principaux personnages, la mère et son ("beau") fils, dans un retour inattendu de l'Antiquité grecque. De naissance de la tragédie -"Die Geburt der Tragödie"- aura été question -de par un de ses titres le plus marquants- dans l'histoire de la pensée et de la littérature contemporaine. De Renaissance de la tragédie, à la vue de la fin si tragique du film et de la toute dernière scène à la fin, sommes nous tenter d'ajouter. De la tragédie, comme un remède ou palliatif, ou en guise de purgatif (sic) à la culpabilité qui ronge les principaux personnages du film, comme en écho nostalgique de la culture antique à laquelle les pèlerins du May Flower -et ceux qui leur suivirent-, pétris eux tous de fondamentalisme judéo-chrétien- avaient de façon si olympique tourné le dos. Le retour du refoulé.À ne pas le prendre à titre d'une incartade quelconque -sur le plan, de la pensée-  ou une (plus ou moins gratuite) provocation, je vous en prie! 

lundi 10 avril 2023

BELGIQUE LATINE, CLÉ D'UN FILM À SUCCÈS

 


"Les trois mousquetaires", les mêmes de mes lectures d'enfance (en espagnol) du roman célèbre d'Alexandre Dumas, transposé maintenant dans le film homonyme, au prix tout de même de quelques remaniements et du récit et de l'intrigue, par rapport au texte originel de son créateur, et des quelques petites entorses, des (véritables) tours de force à l'Histoire de France de cette période qui sert au film de toile de fond. C'est ce que j'essayerais de montrer et d'expliquer au fil de cette entrée. Sans trop d'illusions de me faire comprendre dans une entreprise d'emblée pas du tout facile, en effet. Car l'Histoire, la vraie Histoire, à Alexandre Dumas, historien amateur, et romancier de métier, que lui importait-t-elle? L'écrivain d'expression française et ascendance hispanique,  Dominique Fernandez -de l'Académie Française- , à maintes fois convoqué dans ce blog, affirme dans son ouvrage "L'Art de raconter" -remarquable essai d'histoire et critique littéraires- que l'auteur des "Trois Mousquetaires, de "la Reine Margot", et du "Comte de Monte-Cristo" (et j'en passe), était un piètre écrivain et un brillant romancier, et brillant narrateur et (prolifique) créateur de personnages à la fois, au nombre de milliers ces derniers, de l'ordre de  quarante mille presque (?!) -dans la recension qu'il mentionne- entre protagonistes, comparses et figurants, tous confondus.  Et le roman et son film homonyme semblent bien le prouver. Qui oubliera après lecture ou ayant vu le film en effet, des personnages si rayonnants et d'une aura si grandiose que le (bon) roi Louis XIII, la reine Anne d'Autriche -préfiguration (dans l'Histoire) de la malheureuse Marie Antoinette (autrichienne également) et (soi-disant) amante du Duc de Buckingham-, et l’ineffable Athos -de Hauteville, comte de la Fère-, "mousquetaire du Roi" (voir photo), et avec lui les autres (trois) mousquetaires, Porthos, Aramis et Charles d'Artagnan. Ceci en dépit néanmoins du conte de bons et méchants, manichéen -surtout par trop voyant- de catholiques contre protestants, au sommet de la période des guerres de religion en France -lors du siège de La Rochelle- que reprend pour son compte pas a pas ce film ambitieux et au fond historique rigoureusement réaliste nonobstant. Des catholiques à la française, voila le quid de la question susjacente dans le récit et le fond historique du film. Ou plutôt le couac. Le Cardinal Richelieu -et les membres de sa Garde, faufilés même en moines sur certaines scènes du film, dans un face a face (meurtrier) avec des mousquetaires du Roi- avant-garde, les premiers, du "parti dévot" tel que ce film le laisse ainsi entrevoir?  

 Ceci passerait la rampe sans compter avec une faille flagrante d'histoire et de Mémoire qui passe par ici justement, par cette Belgique, matrice territoriale de laquelle le furent les Pays-Bas Catholiques, dit Espagnols, reliques ou vestiges en tant que descendants du parti catholique lors de la Guerre des Trente Ans -transmutée en Guerre des Quatre-Vingt Ans en Flandres et aux Pays Bas-, dont les amis et alliés n'étaient autres en  France que le (malfamé) parti dévot, que le scénario de ce film ne réussit pas pour ainsi dire et à première vue, à bien placer, à ne pas, en faisant cela, se tromper de camp ou de coté. Problème  (sic) français, sacré problème en effet!- que celui de la mémoire historique des catholiques belges (et en disant ou insinuant cela je demande humblement pardon, a tous ceux qui risquent -dan leur foi- de se sentir offensé ou outragés) 

Pour dire que c'est là peut-être où se trouve la clé du succès de public indéniable de ce film -voué à être honni et maudit par la bien-pensance néanmoins, avec tous ces cris résonnants à l’écran et dans la salle de "Vive la France!" et "Vive le Roi!"- au point que dans la salle bondée, le public rompit fort à applaudir à la fin (et moi avec, bien évidemment) et,  prouvé également, à la vue de la longue file d'attente (rarement vu ma fois) à l'entrée. Et c'est que ce film si peu banal réussissait de toute évidence à faire vibrer de ses racines et de ses attaches plus français qu'ils ne le pensent,  ces braves belges (francophones) blanc-bleus. Plus français que le français les belges francophones? Dilemme fatal, ce que ce film essaie de trancher (on dirait) Et un sacré défi face au futur plus ou moins proche. 

La Belgique à la croisée des chemins aujourd'hui comme hier. ¨Portugal es un caminante, Bélgica tan sólo un camino. Un camino y un mesón (auberge) -ecrivit un barde, dans ma langue maternelle.  Belgique latine, entre Espagnols et Francais latins, et entre Wallons et Flamands, "les plus Latins des Germains" But, ligne d'arrivée, la Belgique, du Chemin Espagnol? ("Spanish Road")

lundi 6 mars 2023

LÉGÈRETÉ FRANCAISE ET TREMENDISMO ESPAGNOL

Génie français dans le septième art, et difficile a trouver ailleurs, en cinéma non français, et ne parlons pas de l'espagnol`, oh non! Et si les comparaisons sont en principe a éviter, ici il semblerait qu'elle s'y imposent, compte tenu de la menace qui hante a présent aussi bien la France que l'Espagne, qui sert de toile de fond au dernier film de mon passage -hier dimanche- par les salles de Bruxelles. Et qui a pour nom celui de désertification. Celle du paysage rural, précisons. Avec toute la légion accompagnant des (tristes) signes avant-coureurs, fermeture des écoles -par manque d'élèves-, des établissements commerciaux, l'un derrière autre en cortège funèbre, silencieux, et le manque (croissant) des services médicaux et de tout sort. Tout ceci au premier plan de l'actualité espagnole des derniers jours suite à  un fait divers dont se seront fait les choux gras tous ou presque tous les médias espagnols. Et c'était le départ du vieux couple d'un vieux hameau de la province de Teruel (Aragon), limitrophe avec la région du Levant (province de Castellon) Après y avoir vécu presque un demi siècle en deniers habitants de la Estrella (l'Etoile), qui aura ainsi éteint sa lumière pour de bon. Une triste et funèbre nouvelle, a l’extrémité du lugubre, du macabre, que la grande diffusion -ou certains voient la main derrière, des politiciens rusés et la montée (orchestrée) de prix des terrains de toile de fond-, celle de la nouvelle dans les médias, n'aura fait qu’appesantir encore plus la chape de plomb de pessimisme, de défiance -et de crainte somme toute du futur- qu'elle aura jeté sur l'ensemble de la population. Eh bien, en France non, car bien que soumise a un semblable phénomène -d’égale apparence mais de nature et des racines tout a fait autres (tel que je l'expliquais récemment dans mon blog, l'islamisation rampante en toile de fond) savoir, celle de la de désertification, on y voit le cinéma venir maintenant comme a la rescousse dans une comédie bien française -celles que j'aime comme je l'ai déjà fait savoir et expliquer maintes fois à mes lecteurs- où ce phénomène et ses rebords tragiques qu'on laisse (magistralement) y voir dans presque touts les plans et scènes du film, se voient à la fois l'objet d'une manœuvre subtile visant la masse de spectateurs, les exhortant à prendre le phénomène au deuxième dégrée, à en rire après avoir pleuré comme ils réussissent à faire, sortant tout le monde de la salle de bonne humeur, et la leçon bien apprise, comme il faut. En écoutant -dernière de surprises- le chant à la tendresse, bien entendu fondant en pleurs. A l'aide d'une jeune maire (charmeuse) -dans le film- se démenant furieusement pour prêter de l'aide et conseil à tout un chacun, le souvenir bien en tête de l'image (gravitant sur elle) de son père décédé, dernier médecin de son village (juste avant sa mort), et toujours (elle) en quête d'un père de remplacement. Génie français, celui de la légèreté française (ou gauloise) face au "tremendismo" espagnol, plus portés, nous, à l'exagération (autant dire à la radicalisation) (...) C'est vrai que les images et photos des maisons vides et les rues désertes en Bretagne, que celles (toutes portes fermées) en Aragon ou au Levant espagnol  avaient tout une autre sauveur.  Le Néant -au bout des ravins (profonds) allongeant le seul et long et étroit et tortueux sentier d'accès au hameau, comme le chemin de la Mort, chez les uns- et cachée (pudiquement) en échange, du voile de la mer au coucher du soleil sur la coté armoricaine,  au village breton.  Et pourtant la menace, le danger ne semble pas moindre chez les uns que chez les autres. Celui de l'âme espagnole restée plus rurale et moins citadine chez nous, et cet autre, la mort en lenteur, blottie derrière ce phénomène plus voyant encore, qui est celui du déclassement de la France -face a d'autres grandes puissances, notamment les États-Unis- comme une renonciation a la vocation (gaullienne) de leadership, et de grandeur. Tel que l'avait sagement pointé das la dernière campagne électorale le candidat (perdant) Eric Zemmour. Mais cela est tout à fait une autre question. Toute une civilisation -la nôtre- en danger de mort, de toile de fond?