lundi 27 novembre 2023

RIEN A PERDRE


 

D’où me vient cela? Je ne sais pas. Ce sourd malaise, cette irrépressible gêne, ce sentiment de (profonde) humiliation qui me prend lorsque j'entends les invariables phrases vulgaires, grossières -et surtout les quatre-lettres-  transcrites et prononcées correctement -en les tirant de la langue espagnole- dont certains français semblent trop friands, et de la part de certains belges j'en dirai plus, apparemment. C'est ce qui m'arriva hier sans me l'attendre le moins du monde dans une de premiers scènes du film "Rien a perdre" dont je ne pouvais pas me douter qu'il était encore assorti, de ce supplément de défis m'étant destiné a moi espagnol, entre tous évidemment. Un film déroutant, d'attaque, de par le contenu du scénario, et de par la nature de l'intrigue- douloureuse déchirante- de ce film, celle du contentieux où une mère se voit -a tort ou raison?- empêtré avec les services sociaux et les organismes de tutelle de la justice de paix, pour la garde de son enfant. Où l'aimant de la mère, serveuse dans un bar de nuit, porte le chapeau (lui étant -de tout le temps-destiné comme il faut), espagnol de l'ancienne (cela va de soit) immigration espagnole en Belgique -brassard allemand (?!) de (RFA) a l'appui. Un psychodrame à la sauce belge dont personne d'autre qu'eux ne connait les secrets, mélange d’expressionnisme à la belge et "tremendismo" à l'espagnole, qui, peut-être plus qu'en peinture, semble transposé dans le septième art. Et que j'aurais gouté sans le moindre doute et sans le moindre remord, et de par la valeur des personnages -adultes comme enfants- et de par le talent de leur interprétation. Erreur judiciaire, existe-t-elle? Sans aucun doute mais qu'on arrive à pouvoir le prouver  cela est toute une autre affaire -comme j'en ai vu d'autres cas ici-, surtout en justice de paix, où ils apparaisse a vif comme dans aucune autre instance, les sentiments et les émotions. Bourgeon arraché avant d'éclore, la mère qui se voit arraché la garde de son enfant (bien aimé). Première et principal droit de femmes soit dit en passant. Ou quelle classe de justice à part est-elle si non, la justice de paix? 

mardi 21 novembre 2023

L'ABBÉ PIERRE, SANS TÂCHE (ET SANS REMORD?)

 


Je me suis demandé sans conviction, sans espoir d'en trouver réponse aucune ma foi, du black-out -trop dire?- relevant en somme du manque d’intérêt et d'attrait pour le personnage dont le prêtre -monsieur l'abbé-  auquel est consacré le film (superbe, convainquant, et de la part des auteurs et du principal acteur) que j'ai vu (avant-) hier, fut l'objet -à ce que je me souviens- au séminaire d'Ecône. L'Abbé Pierre, étoile étincelante de leader religieux ces années-là, comme le fut Monseigneur Lefebvre lui-même, toute proportion gardée-, était si non persona non grata, peu aimé ou mal aimé, c'est vrai, parmi mes confrères d'alors. Pour quoi? Sa façon, son style trop radical d'exercer la charité et la solidarité avec les pauvres et les sans abri (et sans toit), était-ce de nature a synchroniser beaucoup plus avec le (néo) catholicisme de signe progressiste triomphant -par son "aile marchante"- au Concile Vatican II? J'en doute, car ce n'était pas ça -cette fièvre (de miséricorde, et de charité) envers les pauvres et les miséreux- qui nous gênait spécialement, et c"est également vrai que l'Abbé Pierre ne cadrait  pas tout à fait non plus au dedans du patron de "nouveau prêtre" que le concile avait consacré, suivant l'expression à succès d'un best-seller qui avait marqué les esprits à l'Espagne de l'époque. Un curé malade de l’être, ou mal dans sa peau, ou dans sa soutane ou son habit ecclésiastique, c’était ça la vraie radiographie du nouveau/prêtre (dans mes souvenirs d'alors). Très loin donc de l'image -enfoncé dans son habit de père abbé- qu'aura laisse l'Abbé Pierre pour la postérité. Mais seulement ça? N'y a t-il pas quelque chose de plus dans ce manque (flagrant) de syntonie entre le modèle de prêtrise qu'incarnait la célèbre abbé et celui que guidait et animait -tel que je le vécus et le ressentis moi-même- mes confrères au séminaire d'Ecône? 

Quelque chose plus guère difficile a trouver si on fouille le registre de la politique, savoir de la politique religieuse, ce dont le film à l'écran hier nous en donne toutes les pistes. Dans la scène (poignante) -à titre d'exemple- au maquis du Vercors, où une allusion -vraiment prudente?- de l'Abbé Pierre (à la traitrise, voire la trahison)- , mena à l'exécution sans procès ni sommation d'un (prétendu) membre de la Milice, enfoui dans le groupe de résistants, catholique à ne pas en douter comme le autres (sinon plus)  Et pourquoi le sortir dans le film? Souci, zèle de la vérité historique chez les auteurs du film? Ou -de la part de l'abbé Pierre- simple remord?. A ajouter à sa feuille de services, je dirai plutôt, des services rendus à la Résistance, au camp des bons -au prix des méchants- donc. Ce qui appelle à une (briefe) explication, et c'est des choses dont je me suis largement départies dans les entrées de ce blog. 

Monseigneur Lefebvre et la II Guerre Mondiale, entre la Résistance et la Collaboration, autant dire aux prises d'un compromis historique (sic) d'où fut né (j'en suis formel) le séminaire d'Ecône. Entre l'attentisme  et une Collaboration aussi hésitante eut-elle étée qui fut l'attitude première de l’Église française -face à l'Occupation, au régime de Vichy et au maréchal Pétain-, tel que le film ne manque pas de reconnaitre, et une Résistance de droite dont l’archevêque traditionaliste ne manquait pas de brevets -il faut bien le dire-, de par son coté paternel, fils d'un catholique d'Action Française, victime en quelque sorte de l'ambigüité ou ambivalence  que furent celle de Maurras et de son mouvement nationaliste (français), face au nazisme et à l'Occupation-, qui prêta les installations de son usine -à Tourcoing, près de la frontière belge- au troupes britanniques les premiers jours de la guerre, ce qui lui valut d'être envoyé en déportation en Allemagne sous l'Occupation, où il mourut victime des mauvais traitements de leurs gardiens. Des détails que je n'appris que bien plus tard après le départ du séminaire, et qui explique largement l'attitude -pleine de non-dits et sous-entendus de Monseigneur Lefebvre au sujet de la II Guerre Mondial (et de l'Occupation) 

Mais plus piquant encore, révélateur de la vraie personnalité du célèbre abbé, l'est l'incident dont le film -vers la fin- fait allusion. Ce qui ne cachait pas moins l'amitié étroite vrai du célèbre abbé avec quelqu'un qui sent le souffre rien qu'a son évocation, véritable joujou des médias et de l'intelligentsia française quelques années avant sa mort seulement. Et je fais par là allusion à une de mes vieilles connaissances -tel que je l'ai déjà consigné sur les pages de ce blog-, Roger Garaudy, intraitable -en procureur zélé et intransigeant-, comme il se montr tout au long de sa carrière politique, à l'heure d'octroyer les bons et les mauvais points en matière de Résistance et Collaboration. 

Fascination sincère de la part de l'intransigeant idéologue (catholique-marxiste), devant la flamme qu'il sentait o croyait reconnaitre chez l'abbé fougueux qui voulait a tout prix et par tous les moyens assurer la gîte et le lit (et le toit) à tout un chacun  avant de les voir mourir -comme il les avait vus- dans les rues de Paris (d’après-guerre) de faim et de froid? 

Car c'est cette flamme ('sacrée) -d'où était (re) sorti (nota bene) l'incendie de la lutte de classes-, qui allait faire explosion au Concile Vatican II. Et c'est ce qui avait d'idéaliste et de sincère dans le projet de dialogue catholique-marxiste (au delà de la guerre asymétrique et de toutes les manœuvres d'agit-prop)

Peut-être du vrai dans tout cela, mais je ne peux pas de m’empêcher d'y voir le (jeune) milicien exécuté -sans procès ni sommation-, ministre a son insu ('post mortem)  de paix et réconciliation -au sein de la guerre civile-, et ceci de la part de l'idéologue catholique/marxiste, catholique et fils (nota bene) de catholique d'AF,comme je pus le lire ébahi dans les pages de son testament "philosophique" -converti à l'Islam à la fin de sa vie-, qui pardonna -ou gracia (et oublia)- ainsi les équivoques et ambiguïtés de l’Église -dont se ne fit pas moins l'écho le célèbre abbé, comme nous l'avons déjà vu (*)

Et également de la part de l’apôtre d'Emaüs, ce qui lui fit oublier -comme "peccata minuta"- et revindiquer plus tard les textes révisionnistes et négationnistes de son vieux ami fidèle. Sous l'ombre d'un remord. Et dans notre souvenir (en geste de pardon)

 

(*) A l'appui de tout ce qui vient d'être dit, l'extrême dramatisme d'un passage de cet ouvrage (dernier) de Garaudy -"Biographie du XX siècle"- où il recueillit son témoignage (autobiographique) sur la condamnation à mort dont il fut l'objet, à Ghardaïa, au fin fond du djébel, au désert algérien, pendant la guerre et l'occupation, sous le régime de Vichy. Ce dont il échappa de justesse -ensemble avec d'autres condamnés-, grâce à l'ordre de celui -officier des troupes algériennes de l'armée française- qui commandait le peloton d'exécution. Et ce fut au nom du code (sacré) d'honneur dans la loi islamique qui interdisait la mise à mort sans procès ni sommation. Ce qui fut le cas du jeune milicien (malheureux) enfoui dans le maquis du Vercors. Point d'orgue de toute une trajectoire. Sacré  pied-de-nez à la Bien-Pensance peu avant sa mort (sans la moindre rétractation). Bravo Abbé Pierre!!! L'honneur sauf. Le sien propre et celui de son sacerdoce. Chapeau!     

lundi 13 novembre 2023

MAGIE FINNOISE

 


Magie finlandaise. A quoi ça tient? A la mélancolie sans doute des cieux, des paysages urbains -à "la HOPPER"- de Helsinki, sa capitale. C'est ce qu'on peut en déduire à la vue du film récent du réalisateur -et scénariste- finlandais Aki KAURISMAKI, qui m'a surpris et tout de même convaincu. Un film, "Les feuilles mortes" surprenant en  effet. Sans doute du "passé fantasme" d'un directeur "d'un autre temps" comme le dépeint une critique de spectateurs que je viens de lire récemment à la sortie du cinéma. Qui me rappelle fatalement l'autre film du même auteur -"L'homme" sans passé"- que j'avais vu cela fait plus de vingt ans (déjà!), d'ambiance (touchante) finlandaise également, et d'une même haleine sociale à la fois, l'immigration étrangère de toile de fond, et cachée ou enfouie derrière elle, la problématique de la minorité lapone, gros tabou là-bas.  Un film romantique, en échange maintenant, et en même temps social -l'utopie d'un mélange impossible et presque impensable en vérité?- teint d'une mélancolie aussi irrépressible qu'indéfinissable tous les deux. Aussi bien que d'une indéniable poésie, et d'une réelle empathie pour les personnages, trillés dans un milieu social très populaire. Ouvriers (ou employés) dans la vie de tous les jours et rêveurs d'une vie toute autre et d'un monde meilleur tels qu'ils se montrent au fond d'eux mêmes et au long des scènes le plus marquantes de ce film (d'auteur). Saupoudrés d'un petit humour très de chez eux qui provoque des rires spontanés en rafale (tel qu'il m'est arrivé moi-même, dure et difficile à faire rire) au milieu des situations très tendues voire désespérées. Poète et cinéaste à la fois, KAURISMAKI, une espèce à part qui nous manque tant. Peu connu de ce coté de l'Europe, un peu moins que JARMUSCH de qui il se rapproche (d'après certains) Et une histoire d'amour de toile de fond surprenante, -et de par sa prose et de par son coté vrai à la fois. Comme deux éclats de lumière -ces deux film du même auteur finlandais- venus de l'autre bout de l'Europe, d'une Europe autre où il fait (très) froid au dehors et où l'on se chauffe et réchauffe plus que dans les pays chauds (et je parle plutôt de chez moi) Problème d'alcool et de manques de perspective chez lui, d'argent et de manque de sécurité de l'emploi chez elle, très concrets et limités, et très réels en même temps. Transporté, c'est ainsi que je me sentis, a la vue de ce film comme sensation dominante, vraiment! Et dans l'espace et dans le temps également. Dans cet année lointaine -été 1966, si loin  déjà!- où j'avais accosté en voyage de plaisance -en prix d'avoir réussi la fin de mes études du bac (avant l'entrée dans l'université)- au bord d'un navire de fret, le port finlandais de KEMI, tout près de la côte et frontière suédoises et  à la pointe Nord de la cote finnoise dans la Baltique, où -de mes yeux éberlués de jeune adolescent (âgé de 16 ans)- j'avais découvert un monde nouveau qui allait me manquer par la suite, marqué par l'aisance et désinvolture des rapports de jeunes de l'un et l'autre sexe, inconnus -et parfaitement tabous- dans l'Espagne d'alors. Et personnifié dans cette jeune finlandaise avec qui j'avais dansée -joue contre joue- dans une fête populaire là-bas. Ressemblant étrangement, cette fille -des traits (anguleux) typiquement finnois, et disparue de ma vie à jamais- la femme protagoniste du film que je viens de voir. KAURISMAKI, ou un parfum et une ombre finnoise qui viennent et s'en vont dans ma vie également. Jusque quand?

samedi 16 septembre 2023

ECRIRE EN BELGIQUE (sous l'oeil de la Bienpensance)

 


Bien-pensants et bienpensance ce sont des termes de libre circulation en langue française, celle qui les avait vu naitre. Car celui de bien-pensant apparut pour la première fois et atteignit sa plus grande diffusion dans l'ouvrage de Georges Bernanos (hors de tout soupçon) "La peur de bien-pensants" une sorte d'apologie et revendication, cet ouvrage tout en entier, de la figure et l’œuvre de Edouard Drumont, auteur et éditeur de "La Libre Parole" et exposant décrié de l'anti-sémitisme contemporain (également en langue française) 

Et cela vient on ne plus à propos après lecture -quelque peu espacée mais reprise jusqu'au bout récemment- d'un ouvrage -thèse de doctorat- d'une rare érudition -comme un vade-mecum de la classe universitaire ici, et de la classe politique à la fois- d'un impressionnant appareil de références accompagnant, style, verve et qualité littéraire du plus haut niveau en plus, sur l'ensemble de la littérature catholique belge dans toute la période d'entre-guerres

D'une chercheuse belge (hors de tout soupçon), si profond et pertinent dans beaucoup de ses réflexions que moi -ancien prêtre catholique -et de par certaines allusions univoques telles qu'à la vie de bohème (sic) ou aux "électrons libres" et j'en passe)- ne pus pas moins de m'y sentir visé et d'y voir une sorte de règlements de comptes, sinon avec le passé individuel de l'auteure (qui sait? Je n'en sais rien), mais sí par rapport a son passé collectif, du fait de sa nationalité (belge) 

Des comptes d'une guerre civile européenne (sic), travestie hier comme aujourd'hui -tel que l'avait dénoncé Dominique Venner dans l'un de  ses derniers ouvrages- en guerre de religion. Protestantisme et libre-pensée, de mèche tous les deux face à un catholicisme dénigré en bloc, sans nuances ni distinctions et -cela va de soi- tourné (convenablement) en dérision. Car la mise en accusation -à titre de complicité directe ou indirecte ou de compagnonnage de route du nazisme et de la Collaboration- de panels entiers de l'Histoire littéraire belge et de culture contemporaine (presque tout entière) tels qu'on voit se dérouler au fil de ses pages, m'invitent (on ne peux pas moins dire) à relever un pareil défi. Et c'est dès le début de ce parcours ou de cette dérive, qu'on est en train de le voir ainsi.  

Et c'est à partir de "Durendal", la première revue littéraire de l'histoire belge, objet d'oubli flagrant-et pour quoi?-  dans le cours "Catholicisme et Littérature" que j'avais suivi à l'ULB -Institut des Religions- fraichement débarqué en  Belgique. C'est peut-être que la ficelle était trop grosse d'y voir dans cette revue pieuse, un peu bondieusarde (peut-être), historiquement pleine d'intérêt nonobstant et d'un indéniable haut niveau littéraire à la fois -tel que je le découvre quelque peu ébahi maintenant-, d'y voir donc le point de départ de cette dérive à laquelle je fais allusion, qui amènerait tout droit vers le  rexisme et la Collaboration (*) D'où que cet énigmatique silence s'apparente par trop à une montre de pudeur. Analyse marxiste d'histoire de la littérature -marque Hobsbauwm-  sociologie du métier d'écrivain accompagnant, mais vraiment! Au point qu'on dirait que l'auteure en prend de la graine (à profusion) 

Là où le catholiques et le catholicisme -le catholicisme à la belge du moins, au sens non seulement religieux et ecclésiastique, mais culturel également- figure dans le camp des perdants (de naissance) et des vaincus of course. Cloué au pilori au sens propre et figuré- dans la personne du repoussoir attitré ici -après le Duc d'Albe- savoir Léon Degrelle. Avalant ainsi en même temps les plus grosses couleuvres, telles que celle de montrer le catholicisme -pratiquant, aussi bien que de naissance- de rexistes les plus voyants -a commencer par le "beau Léon" (*)- tels que José Streel, ancien louvaniste (brillant) et condamné à mort -en appel de sa peine d'emprisonnement, quelle correction! (...)-  et exécuté (sans pitié) pour délit de presse (savoir de "mal-pensance") à la Libération (...)

Ou se laissant aller si loin dans sa passion de vindicte partisane et politique jusqu'à  pourfendre des personnalités du plus haut envol tel que Pierre Nothomb, quitte au risque d'abattage ou de jeter le discrédit  en même temps sur l'ensemble de la classe politique belge d'alors (et de leurs illustres descendants dans  la Belgique d'aujourd'hui) 

 (*) Un fil conducteur qui allait de Maurice Barres à Charles Maurras (point de passage obligé bien évidemment), en passant par des "maitres du dehors" (pas des catholiques, ni nationalistes non plus), tels que Psichari, petit fils de Renan, et de ce dernier même. Jusqu'à (last but not least) Robert Brasillach. Point. En y ajoutant tout de même deux noms de chrétiens (sic) -non catholiques mais quelque peu compromettants (ou compromis)- tels que Paul Desjardins -Union pour l'Action Morale, et Décades de Pontigny (1922-1939)- et le russophile (et ami de Paul Bourget) Melchior de Vogüé (prononcé, tel que le professeur nous faisait remarquer, quelque peu amusé, avec un u) Mais pas un mot -j'en suis formel- de Durendal. Pour quoi?

 (*): ".../...Rex étant une dissidence catholique" (op. cit. p.  94)

 

 

 

 


samedi 8 juillet 2023

DEGRELLE (5)


 

Degrelle et moi. Oui, pour quoi pas poser la question ou le problème de cette façon? Un problème d'ordre personnel, celui que me pose la figure et la mémoire de Léon Degrelle, qu'au bout de plus de trente ans de séjour mi-consentant mi-forcé par les circonstances -que tout le monde connait-, je commence maintenant à peine à réaliser. Elle m'a interpellé -et pas du tout "évité" d'après le joyeux canular de Robert Joly (in memoriam), professeur à l'ULB (*)-, mais elle m'a aussi subliminalement (et combien!) pesé lourd dans l'ombre furtive -d'un silence (de mort) et une paix (de cimetière)- du quartier qui fut le sien -avenue Molière où j'ai habité dans le trottoir d'en face sans le savoir le moins du monde, quelques numéros seulement décalés-, et c'était dès que la nuit arrivait dans ce quartier ("chic" auparavant -facile à deviner-désormais hanté) (...qu'on devinait facilement en effet, pleine de vie et de joie de vivre "alors", tant d'années déjà passées) Et c'était dans la nostalgie toxique, maladive dont je me sentais submergé de retour de mes visites de dimanche à Ostende, des années retenues même en filet à la vue de la baie et la filière de navires scintillant la nuit en long et en large, image du temps écoulé, qui ne finissaient pas de disparaitre dans l'horizon de mes pensées. Années (trente et) quarante où tout fut possible! Les années folles d'une nouvelle belle époque -ou je n'étais pas encore né-, que furent les années DEGRELLE, autant dire les années TINTIN ("son copain") et de son créateur HERGÉ. Et par là je ne nie (absolument) pas le droit de certains à les retrancher pour de bon de leurs mémoires, sans nous nier pour autant aux autres le droit de les garder dans notre mémoire à nous toujours vivante. Voilà une ébauche d'un compromis à la belge, né et ruminé au bout de mon long parcours du coté Sud de ces Pays-Bas. De deux cotés de la barrière linguistique, et par là, cette réflexion par écrit s'achemine tout doucement vers sa fin. Degrelle, un wallon francophone qui eut de l'audience en Flandres, qui me le saura nier? Un autre fait d'époque de ces fols années (40) où tout paraissait s'assembler, le bon et le mauvais. Ce qui me vient fatalement à l'esprit  en apprenant cette triste nouvelle -chargée de noirs augures ma foi!, et semant des vents de scission et de discorde-, dans un camp de jeunes (flamands)  à Bouillon justement, au bord de la Semois, une contrée peuplé de cendres, ce que certains semblent vouloir conjurer à tout prix -l'agression lâche y compris- aux prises par la force des choses avec un fantôme rescapé de la nuit des temps, et symbole d'unité. Phare d'unité, des Wallons et des Flamands, la mémoire de Léon Degrelle!

 

(*): "Dieu vous interpelle, moi, il m'évite" disait-il souvent à ces étudiants en Histoire du Christianisme, ce farceur sans remède, d'un air coquin. Professeur dans l'âme, Robert Joly, libre-penseur dans la tête, et ouvert (et vrai) tolérant de cœur

 

mercredi 5 juillet 2023

DEGRELLE (4)

Catholique belge, "à la belge", Degrelle, comme nous l'avons estampillé ici précédemment. Autant dire "qu'à la française" également. Ou plutôt catholique d'Action Française, qui n'est pas tout à fait la même chose rétorqueront du coup ici certains. Et on ne peut mieux dire, car si le leader rexiste fut leader et fondateur de son propre mouvement (REX) et de son propre journal "Le Pays Réel, ne fut pas moins la cause première de damnation du mouvement nationaliste et royaliste  -français -ensemble avec son leader et son journal-. ce qui n'a jamais été suffisamment pointé du doigt en Belgique notamment, et ce que nous allons exposer ici de façon brève et succincte, autant que le permet un sujet si crucial. Car le vrai détonateur de la condamnation ce fut la dénonciation auprès de la hiérarchie ecclésiastique française, de la part d'un avocat catholique belge, Fernand Passelecq -francophone et d'origine flamande tel que son nom indique-, à la fois alarmé voire scandalisé de la vraie ébullition qu'il voyait parmi la jeunesse belge d'Action Catholique, où s'agitait le leader rexiste, dévot partisan au vu et au su de tous de Charles Maurras, reconnu celui-ci dans une enquête journalistique alors, "maître à penser" de la jeunesse catholique belge.  

Et un pareil tracas nous fait sans remède penser à l'histoire -"une histoire de l'histoire" la sous-titrait l'écrivain catholique francais Jean Madiran-, de "la Sapinière" nom d'emprunt du Soladitium Pianum, une société secrète (ecclésiastique) de dénonciation anti-,moderniste autant dire anti-allemande également- opérant dans l'Eglise sous le pontificat de Saint Pie X à la veille de la Première Guerre Mondiale, et découverte -dénoncée et démantelée- par initiative d'un catholique flamand, De Jonghe, ministre des Colonies plus tard et professeur à l'époque à l'Université Catholique de Louvain. La dénonciation de Fernand de Passelec fut suivie d'un mouvement de réactions en cascade a tous les niveaux de l'institution ecclésiastique monde à travers, débutant par la célèbre lettre-encyclique de Paul Andrieu, cardinal archevêque de Bordeaux (25 août 1926), qui trouva un écho immédiat chez le cardinal Mercier primat de Belgique, servant le tout de prélude a la condamnation pontificale (20 déc.1926), par laquelle le journal était mis dans l'Index  ainsi que les membres du mouvement et les lecteurs du journal, de même que sept des ouvrages de Maurras, dont certains étaient de nature strictement politique, tels que "Trois idées politiques", "La Politique religieuse" et "Si le coup de force est possible" (...) 

Le caractère politique voire de politique/religieuse -en expression chère a Maurras, de son propre crû- se vit accentué en Belgique du fait de la rivalité à l'échelle politique et électorale du mouvement rexiste avec le Parti Catholique (sic), seul cas connut au monde de ce mode de désignation d'un parti politique, qui ne faisait que souligner et accentuer le caractère atypique  et exceptionnel de catholicisme belge sur la corde raide -celle, en somme, du magistère ecclésiastique après la Révolution-, depuis sa naissance lors de l'indépendance de la Belgique- entre l'ultramontanisme et le catholicisme libéral- savoir, entre la protection canonique et toutes les bénédictions possibles et imaginables -et nihil obstat(s)- dont finit par jouir ce dernier, et la persécution déclarée, la mise à l'Index et excommunication ('latae" ou "ferendaei sententiae) des réacs "avant-la-lettre, soit des intégristes. Ce qui fait revêtir Degrelle, -tout ce qui précède, comme d'une glace où je n'aurai moi-même guère de la peine à m'y trouver- et c'est de tous les  traits d'un homme persécuté. Victime de persécution canonique, Léon Degrelle, la plus sinueuse et toxique des persécutions et je sais de quoi je parle, en effet. 

Ce qui explique tout, et sans quoi rien ne s'explique, ni de la trajectoire subséquente de Maurras , ni de celle de Leon Degrelle. Victime du catholicisme, le leader rexiste, du catholicisme à la française, et je me sens dans le devoir de m'expliquer. Car Ernst Nolte, son premier volume -consacrée à Maurras et à l'Action Francaise"- de sa trilogie "Le fascisme et son époque", il le le clôt -au sujet de la condamnation pontificale du mouvement royaliste et nationaliste française- avec une observation non dénuée de sens ma foi, et en guise de regret. Et c'est lorsqu'il se demande pour quoi ne lui valut-elle pas (à Maurras) la célèbre expression de Henri IV -protestant converti au catholicisme à l'occasion- "Paris bien vaut une messe"? (Savoir sa soumission -aveugle- aux diktats du Vatican et ses dicastères, d'une puissance et d'une influence majeures) 

Ce qui valut néanmoins (de son temps)  l'affrontement entre la France et l'Espagne catholique -dans la guerre des Trente Ans principalement-, offrant ceci toutes les apparences d'une (nouvelle) reprise des guerres de religion. Pris ou prisonnier d'un même dilemme -celui du catholicisme français- le catholique ("a la française") Léon Degrelle

lundi 3 juillet 2023

DEGRELLE (3)

 


Dans son roman "Zwart en Wit" ("Noir et Blanc"), ayant comme toile de fond l'occupation allemande en Belgique -zone flamande- pendant la II Guerre Mondial et la répression qui s'en suivit (vers la fin) , son auteur, belge flamand, Gerard Walschap (professeur un certain temps après la guerre à la VUB, s'il vous plait) dénonce âprement le fait grossièrement discriminatoire à ses yeux, du pourcentage à la majorité écrasante de belges flamands accusés du délit de collaboration, d'extraction catholique, en comparaison avec ceux en provenance d'un back-ground sociologique et familier de gauche, laïque, libre-penseur. Se concentrant en effet sur les premiers les dossiers de répression et la plupart des condamnations à mort. Et dans le roman "Le Nom de la Rose" le personnage de l'Inquisiteur vantant à son tour la sagesse de l'Église, affirme plein de verve et cynisme (clérical) "qu'Elle a tout le temps devant Elle", ce que semble bruyamment confirmer la façon (brillante) dont elle s'en tira -et ce fut de son rôle et de ses agissements notamment sous l'occupation- à la fin de la II Guerre Mondiale, Et parmi tous les pays catholiques d'Europe, la Belgique semble le confirmer tout premièrement. 

Et c'est dans la personne du cardinal Van Roey, son primat, dont tout se passe dans l'examen de sa trajectoire comme s'il voulait se faire pardonner sous l'occupation la rivalité que fut la sienne -sur le plan de la politique religieuse- dans l'avant-guerre avec le mouvement rexiste et son leader, et notamment son célèbre "coup de crosse" dont Degrelle se plaignit amèrement, savoir la mise en garde de ses ouailles -au nom du magistère et de l'obédience due aux commandements de l'Eglise (et aux injonctions de ses pasteurs)- sur sa lettre pastorale lue en chaire par tous les curés contre la candidature de Leon Degrelle face au candidat du Parti Catholique, le premier ministre Paul Van Zeeland, en pleine campagne électorale.  Dans une rivalité au relent très fort -vue avec perspective suffisante et du dehors dans le regard- de cléricalisme, d'opportunisme flagrant et last but non least, de flamingantisme, savoir de francophobie et de nationalisme/flamand.  Mais aussi, ce fut le cas d'autre figures ecclésiastique du plus haut relief comme celui de Léo Suenens, cardinal primat successeur de Van Roey, confesseur attitré de la reine Fabiola, et astre majeur (nota bene) de "l'aile marchante" des pères au Concile Vatican II. N’empêche qu'il fut administrateur (sic) nota bene de l'Université Catholique de Louvain pendant l'occupation. Point. Tout se passe donc -devant un bilan si révélateur- comme si l'Église-institution en Belgique avait trouvé dans la personne de Leon Degrelle son bouc émissaire de prédilection. Et que dites-vous -j'entends déjà mes détracteurs- du rôle et du sort de maintes ecclésiastiques aux rangs de la Résistance, cibles de la persécution et des représailles de l'occupant allemand? 

Loi de guerre. Dura lex sed lex. quitte à prêter ainsi  le flanc aux accusations de  cynisme que je dénoncais précédemment. Y eut-il des ecclésiastiques parmi les victimes des opérations de represailles au Ardennes pendant la célèbre bataille lors de la (courte) reprise de territoire par les allemands? Que des racontars pour la plupart. Du dédouannage opportuniste et lache, faute de preuves. Sur le dos de Léon Degrelle, bien évidemment. Œuvre ou à charge de ses camarades et partisans? Loi de guerre également, le règlement de comptes, en vengeance martiale,- de la mort assassiné de l'un de siens, son frère, pharmacien (*)- comprise et honorée et reconnue depuis toujours dans les codes d'honneur et de l'éthique militaire. Des curés dans la Résistance? De l'exception belge, pas plus que çà. En chiffres incomparablement inférieures à celle de leur présence de l'autre coté des lignes de tranchées. Le Front de Indépendence? Encore plus minoritaire et exceptionnelle, fournissant néanmoins le précédent indispensable -et l'image ou le modèle (à suivre), savoir des curés en soutane mêlés à des tueurs- du compromis historique ("a la belge"? ) catholique-marxiste qui serait la règle partout dans l’Église suite au Concile et ses lendemains. Leon Degrelle, bouc émissaire, dans la vie et dans la mort, jusque quand? Qu'en est-il alors du pardon et de la réconciliation inlassablement prêchés -pendant son pontificat interminable- par le pape polonais, Jean Paul II? M

 (*) modus operandi de prédilection, de la Résistance en Belgique, l'abattage à la mitraillette des pharmaciens dans leurs comptoirs? On le dirait vraiment, tant il me vient à l'esprit un autre cas connu par des bons amis, de leur père -et grand père d'eux- abattu de cette façon-là dans sa pharmacie au coin de l'avenue Koekelberg et la chaussée d'Anvers, qui se dressa longtemps en témoin silencieux, en solitaire, tel qu'un doigt accusateur  au milieu d'un terrain à bâtir, resté vague des années et des années durant. C'est ce qui m'y venait fatalement à l'esprit en passant à chaque fois. Sans esprit vindicatif aucun, ceci dit. IN MEMORIAM. Et en signe d'amitié -et fraternité-, seulement

Modus operandi bis, de ces hommes de main -des simples tueurs?-, le tir de nuit dans le dos? C'est ce que laisse à penser la mort de Paul COLIN, à Ixelles, sur le pont "Fraiteur" -du nom de son tueur- vraisemblablement depuis la colline qui surplomb le pont. Accusé de mouchardise sans preuves, sur des supputations fausses et mensongères -de cour de prison, j'en connais, ils s'en doutent, mes lecteurs (...)- et sur l'ordre "d'un comité de lutte (intellectuelle) contre l'occupation" basée a l'ULB (s'il vous plait)  Il était critique d'art hors pair, et dirigeait le (filo/nazi) "Nouveau Journal" et une autre revue, "Cassandra", du plus haut niveau littéraire et culturel, sous l'occupation. Sa vraie faute au fond? La moustache hitlérienne qui le perpétue -couvert d'infamie- dans la mémoire des gens (sans besoin d'aucune autre preuve encore) 

Au tir dans le dos eut droit aussi un sous-officier allemand en uniforme de la part du (dit) "colonel Fabien" ("Frédo"), ancien des Brigades Internationales en Espagne, au quai du Métro, à Paris (Barbes-Rochechouart)  -21 aout 1941-, ce qui déclencha la spirale de violence  attentats représailles- et en somme la Résistance armée. Mettant ainsi fin à ce que ne fut (Claude Autant-Lara díxit) que "le bon temps"