samedi 30 décembre 2023

HUMOUR NOIR ANGLAIS, SACRÉE AFFAIRE

 



Humour noir (anglo) anglais, sacrée affaire. Au point qu'on se demande sérieusement si ce n'est pas là la clé de l'hégémonie mondiale dont ils ont joui (et ils jouissent encore de nos jours) Car ces attaques de fou rire qu'il provoquent chez certains -mon cas- il n'est pas dit qu'ils ne sont pas capables de les reproduire à l'échelle du monde entier, tel que le monde d'aujourd'hui bien au contraire nous le montre, dansant entre pleurs et rigolades toute la planète a leur guise et à leur caprice, au bleu noir, plus que bleu, noir (hivernal) Et c'est au sujet d'un film surprise -coproduction belgo/américaine- en version bilingue sur l’écran, mélange foudroyant d’humour noir et comédie romantique, du réalisateur Alexandre PAYNE,  apprécié chez lui, aux States, et peu connu ailleurs -Palme d'Or du Festival de Cannes tout de même-, et entre fou rires et larmes chaudes, la séance s'écoula pour moi plus bref que jamais depuis que j'entrepris de fréquenter les salles, ce dont je rend compte fidèle et régulièrement ici. "Winter break" -nouveau titre (pour quoi en anglais?) adapté à l'édition  française, de son titre original "The Holdovers", se déroule dans une école (Barton) plus que huppée, de la Nouvelle Angleterre (sur la côte Ouest, Boston, Massachusetts), et conte la triste et poignante histoire d'un groupe (touchant) d’écoliers, des laissés-pour-compte de leurs familles les jours des fêtes de Noël, à l'image du destin commun à eux et au professeur chargé ces jours de leur guider et accompagner.  Un pauvre (et brave) perdant -comme eux tous-, perdant et tricheur par-dessus le marché-,  échoué de professeur de lycée âpres avoir été battu en postulant pour un brillant poste à l'Académie, par le compagnon de la mère (cruelle) du jeune écolier protagoniste, ce qui donne du nerf à l'intrigue, et lui fournit -en dévoilant ce coté tricheur du professeur-, les instants plus drôles et époustouflants même. Le tout au fond nostalgique d'un de ces Noëls d'autrefois, et d'une mentalité plus proche de la notre que nous n'osions pas imaginer. Avec des touches lugubres plus que poignants de par leur message social, comme l'incident qu'oppose le jeune écolier protagoniste à un client du bar, crochet à la place d'un de ses bras. Un ancien du Vietnam qui le traite de jeune friqué et privilégié par dessus le marché, ayant échappé aux aléas -et aux horreurs- de la guerre de par sa position aisée. Une belle et convaincante approche donc, ce film à succès, de la société USA de nos jours, pour les spectateurs de ce coté de la mer. Laquelle -et encore davantage dans le septième art- scintille toujours (again and again)

mardi 5 décembre 2023

A TES PIEDS PRINCESSE!

 


Le duel, comme l'anarchisme, voilà deux marques ou fléaux de la société française qu'emporta derrière elle la Grande Guerre, sans dire adieux, (comme on dit chez nous) à la française. Et il ne vient de le sortir de l'oubli comme par ricochet qu'à l'aide d'un film à l'écran depuis hier,  en avant-première dans une salle du centre de Bruxelles. En mettant au grand jour un épisode vrai quoique invraisemblable qui prête l'intrigue au film projetant au devant de la scène sa principal protagoniste, Doria TILLIER, grande princesse du septième art dans sa version de cinéma français et des festivals de Cannes, dans le rôle surprenant et inattendu de championne en avant-garde de la cause féministe, qui se bat en duel en défense de son honneur de femme, et s'en sort tant bien que mal de l'épreuve, son charme de femme et d'actrice du premier rang sain et sauf et c'est ce qui compte le plus pour nous cinéphiles dans l'âme depuis peu que je suis, et inconditionnel admirateur d'une des étoiles filantes de l'industrie du show business, dans un rendez vous cette avant-première que je ne m'aurais jamais pardonné de manquer pour le reste de mes jours. Chose faite, au bout d'une projection teintée de réalisme bon teint qui ôte de nos yeux les quelques écailles qui nous restaient, et sur la violence comme sport, et sur la défense de l'honneur dans une variante -le duel au premier sang, au pistolet ou à l'épée, dans des "salles d'armes" de préférence- faisant mouche au-delà des Pyrénées les derniers siècles et glorieusement inconnu dans le pays réputé justement pour sa conception pointilleuse -"caldéronienne"- de l'honneur. Manque de démocratie ou priorité de l'état de droit et de son usage et exercice exclusif ou privilégié de la force? La question se pose. Et notre héroïne entretemps, et dans la vie et dans la scène, s'en sort -a une éraflure et des gouttelettes de sang près- miraculeusement intacte et dans son corps et dans son visage. 

Et la voilà sans croire à nos yeux éberlués, à  quelques mètres devant nous, pour nous rassurer, et du charme de son sourire et de son profil svelte et de sa figure, féminine.(et je m'en excuse, ma masculinité, si non, quelque peu battue en brèche) Toujours est-il que la avant-première s’achève dans la joie et la bonne humeur, le chevalier blanc improvisé aux pieds (comme il faut) de sa déesse. Ou sont-elles nées ces princesses du septième art pour rien d'autre que pour encaisser les fleurs roses et blanches des princes fleur/bleus, qui osent ainsi ravir seuls entre tous -au-delà de toutes nos timidités et complexes- le (Saint) Graal de leurs seins et de leur corps -une façon de parler-, de leur charme et leur vedettariat (princière)? A tes pieds, Princesse!   

lundi 4 décembre 2023

UNE SACRÉE FEMME

 


Le torrent des commentaires défavorables et critiques négatives qu'aura mérité le dernier film sur l'Empereur des Français mettent au grand jour si besoin en était l'étendu et la profondeur de la religion (sic) napoléonienne ancrée au cœur des beaucoup de Français (et non seulement), tel qu'illustré au grand jour par ce phénomène d'époque qu'incarne la personnalité -et la candidature présidentielle- de ce napoléonien de bien qu'est Eric Zemmour. Ce dont les esprits avisés n'étaient point dupes, loin de là (Français ou non Français) d'ailleurs. Eppure, et pourtant, il n'est pas mauvais du tout ce film taxé de révisionniste pour certains et à a ajouter (selon eux) a la Légende Noire de l'Empereur, bien crédible et convainquant celui-ci sur bien de points néanmoins. Où la personnalité de l'Empereur pour commencer, en sort -le moins que l'on peut dire- re-humanisée du cliché de monstre et de seigneur de la guerre ancré chez tant de ses détracteurs comme c'était bien mon cas (par dessus le marché, espagnol) (...) Derrière chaque homme important il y a toujours une femme qui sait qu'il n'est qu'un idiot, dit l'aphorisme anonyme passe-partout. Lui n'était pas lui, que grâce à sa femme, on entend en longueur et en largeur du film, et le spectateur fini par en rester averti. Napoléon Bonaparte, fini l'état d'innocence, de la mémoire de l'enfance, heureuse et malheureuse a la fois comme la souligne si à point le dernier essai -en extrême révélateur- sur la Mémoire et l'Oubli de Paul Ricoeur. Une mémoire/heureuse que je héritais comme tant d'autres choses suite a mon passage par le séminaire traditionaliste d'Ecône- de la mémoire sur le personnage, a travers l'ouvrage, un classique en la matière, de Jacques Bainville-, de l'Action Française, ambigüe et ambivalente à l'égard d'un personnage si difficile de par sa complexité, de par les ombres et détours qui fidèlement l'accompagnent, à cerner et à capter convenablement. Sur le personnage qui mit fin à la Terreur sauvant ainsi la République et la Révolution pour les siècles a venir. "Robespierre à cheval" l'appelait forçant le cliché un peu, Roger Garaudy. Opportuniste sans scrupules prêt à tous les carnages comme  la répression à la canonnade (sic) des émeutes -le danger d'invasion anglaise nota bene de toile de fond- à Toulon, et celles à Paris (5 octobre 1795) face à l'église Saint-Roch. Un film a la gloire de son épouse, c'est ce qu'on conviendrait d'admettre face a ses détracteurs, là où ma mémoire (semi) enfantine s'effiloche encore un peu. Car du film révélateur remonte à la surface une Joséphine de Beauharnais tout a fait autre de celle que mes lectures d'alors et les commentaires -puritains, quelque pudibonds forcément- entendus dans mon milieu ("tradi") ambiant avait fatalement forgée. Non pas une de plus de cette nouvelle race ou espèce des femmes qu'avait projetée -à la place des madames et demoiselles courtisanes de l'Ancien Régime-, la Révolution, telle que la Maréchale -épouse du Maréchal Lefebvre-, "Madame sans gêne", tel qu'elle fut surnommée, célèbre par ses reparties et son franc-parler, honnie et détestée presque par tous et aimée et apprécié en échange par Napoléon. "Ce sont nous maintenant les marquises", disait-elle (texte) en éclats de rire. Non, Joséphine de Beauharnais n’étaient pas de celles-là -intrigantes, et arrivistes sans scrupules (des catins en somme pour le peuple, ou pour une partie du moins)- mais l'épouse (légitime) d'Alexandre de Beauharnais, général de l'Armée et membre de la haute noblesse, guillotiné à la Révolution à la fin de la Terreur -le 5 Thermidor an II-, dépassaient ainsi toutes le autres, dans la dance de charmeuses sur la corde raide -au risque de paraitre cynique de trop m’avançant par ce chemin-là-, enveloppées de dentelles et de jupons et filant des amours avec les plus hauts gradés de l'armée napoléonienne, tels que le maréchal Hoche, ce qui sauva sa tête d'aristocrate échappant ainsi à la guillotine, "la faucheuse de la Révolution". Une (sacrée) femme exceptionnelle, Joséphine de Beauharnais, mystère de séduction,  à la hauteur et en syntonie avec ce temps-là, et non pas une maréchale de plus, de la mémoire heureuse et malheureuse (dixit Paul Ricoeur) Elle, Joséphine, a coté de la France et de l'Armée -c'est ce qui en ressort bien clair du film- , les trois seuls centres d’intérêts de l'Empereur. "D'une France en bloc", tel qu'il aimait le répéter, sillonné en cela par tant de chapitres et épisodes contradictoires au fil des guerres civiles et de guerres de religion (...) Et d'une Armée étrillée et humiliée au bout du Grand Siècle, qui semblait reprendre son souffle sous l'Empereur des Français. Et en fin, Elle, la maitresse damnée du "maitre d'énergies" tel que le décrit Frédéric Nietzsche hors de tout soupçon ("synthèse -l'appela-t-il de l'inhumain et du surhumain"). Mystère -elle- de séduction. Et Lui, ni un monstre ni un diable, ni un seigneur de la guerre, mais un militaire et un patriote fils de son époque, et fidèle a ses idées, à ses amours, à se haines et à ses passions, Napoléon  A tout seigneur tout honneur

lundi 27 novembre 2023

RIEN A PERDRE


 

D’où me vient cela? Je ne sais pas. Ce sourd malaise, cette irrépressible gêne, ce sentiment de (profonde) humiliation qui me prend lorsque j'entends les invariables phrases vulgaires, grossières -et surtout les quatre-lettres-  transcrites et prononcées correctement -en les tirant de la langue espagnole- dont certains français semblent trop friands, et de la part de certains belges j'en dirai plus, apparemment. C'est ce qui m'arriva hier sans me l'attendre le moins du monde dans une de premiers scènes du film "Rien a perdre" dont je ne pouvais pas me douter qu'il était encore assorti, de ce supplément de défis m'étant destiné a moi espagnol, entre tous évidemment. Un film déroutant, d'attaque, de par le contenu du scénario, et de par la nature de l'intrigue- douloureuse déchirante- de ce film, celle du contentieux où une mère se voit -a tort ou raison?- empêtré avec les services sociaux et les organismes de tutelle de la justice de paix, pour la garde de son enfant. Où l'aimant de la mère, serveuse dans un bar de nuit, porte le chapeau (lui étant -de tout le temps-destiné comme il faut), espagnol de l'ancienne (cela va de soit) immigration espagnole en Belgique -brassard allemand (?!) de (RFA) a l'appui. Un psychodrame à la sauce belge dont personne d'autre qu'eux ne connait les secrets, mélange d’expressionnisme à la belge et "tremendismo" à l'espagnole, qui, peut-être plus qu'en peinture, semble transposé dans le septième art. Et que j'aurais gouté sans le moindre doute et sans le moindre remord, et de par la valeur des personnages -adultes comme enfants- et de par le talent de leur interprétation. Erreur judiciaire, existe-t-elle? Sans aucun doute mais qu'on arrive à pouvoir le prouver  cela est toute une autre affaire -comme j'en ai vu d'autres cas ici-, surtout en justice de paix, où ils apparaisse a vif comme dans aucune autre instance, les sentiments et les émotions. Bourgeon arraché avant d'éclore, la mère qui se voit arraché la garde de son enfant (bien aimé). Première et principal droit de femmes soit dit en passant. Ou quelle classe de justice à part est-elle si non, la justice de paix? 

mardi 21 novembre 2023

L'ABBÉ PIERRE, SANS TÂCHE (ET SANS REMORD?)

 


Je me suis demandé sans conviction, sans espoir d'en trouver réponse aucune ma foi, du black-out -trop dire?- relevant en somme du manque d’intérêt et d'attrait pour le personnage dont le prêtre -monsieur l'abbé-  auquel est consacré le film (superbe, convainquant, et de la part des auteurs et du principal acteur) que j'ai vu (avant-) hier, fut l'objet -à ce que je me souviens- au séminaire d'Ecône. L'Abbé Pierre, étoile étincelante de leader religieux ces années-là, comme le fut Monseigneur Lefebvre lui-même, toute proportion gardée-, était si non persona non grata, peu aimé ou mal aimé, c'est vrai, parmi mes confrères d'alors. Pour quoi? Sa façon, son style trop radical d'exercer la charité et la solidarité avec les pauvres et les sans abri (et sans toit), était-ce de nature a synchroniser beaucoup plus avec le (néo) catholicisme de signe progressiste triomphant -par son "aile marchante"- au Concile Vatican II? J'en doute, car ce n'était pas ça -cette fièvre (de miséricorde, et de charité) envers les pauvres et les miséreux- qui nous gênait spécialement, et c"est également vrai que l'Abbé Pierre ne cadrait  pas tout à fait non plus au dedans du patron de "nouveau prêtre" que le concile avait consacré, suivant l'expression à succès d'un best-seller qui avait marqué les esprits à l'Espagne de l'époque. Un curé malade de l’être, ou mal dans sa peau, ou dans sa soutane ou son habit ecclésiastique, c’était ça la vraie radiographie du nouveau/prêtre (dans mes souvenirs d'alors). Très loin donc de l'image -enfoncé dans son habit de père abbé- qu'aura laisse l'Abbé Pierre pour la postérité. Mais seulement ça? N'y a t-il pas quelque chose de plus dans ce manque (flagrant) de syntonie entre le modèle de prêtrise qu'incarnait la célèbre abbé et celui que guidait et animait -tel que je le vécus et le ressentis moi-même- mes confrères au séminaire d'Ecône? 

Quelque chose plus guère difficile a trouver si on fouille le registre de la politique, savoir de la politique religieuse, ce dont le film à l'écran hier nous en donne toutes les pistes. Dans la scène (poignante) -à titre d'exemple- au maquis du Vercors, où une allusion -vraiment prudente?- de l'Abbé Pierre (à la traitrise, voire la trahison)- , mena à l'exécution sans procès ni sommation d'un (prétendu) membre de la Milice, enfoui dans le groupe de résistants, catholique à ne pas en douter comme le autres (sinon plus)  Et pourquoi le sortir dans le film? Souci, zèle de la vérité historique chez les auteurs du film? Ou -de la part de l'abbé Pierre- simple remord?. A ajouter à sa feuille de services, je dirai plutôt, des services rendus à la Résistance, au camp des bons -au prix des méchants- donc. Ce qui appelle à une (briefe) explication, et c'est des choses dont je me suis largement départies dans les entrées de ce blog. 

Monseigneur Lefebvre et la II Guerre Mondiale, entre la Résistance et la Collaboration, autant dire aux prises d'un compromis historique (sic) d'où fut né (j'en suis formel) le séminaire d'Ecône. Entre l'attentisme  et une Collaboration aussi hésitante eut-elle étée qui fut l'attitude première de l’Église française -face à l'Occupation, au régime de Vichy et au maréchal Pétain-, tel que le film ne manque pas de reconnaitre, et une Résistance de droite dont l’archevêque traditionaliste ne manquait pas de brevets -il faut bien le dire-, de par son coté paternel, fils d'un catholique d'Action Française, victime en quelque sorte de l'ambigüité ou ambivalence  que furent celle de Maurras et de son mouvement nationaliste (français), face au nazisme et à l'Occupation-, qui prêta les installations de son usine -à Tourcoing, près de la frontière belge- au troupes britanniques les premiers jours de la guerre, ce qui lui valut d'être envoyé en déportation en Allemagne sous l'Occupation, où il mourut victime des mauvais traitements de leurs gardiens. Des détails que je n'appris que bien plus tard après le départ du séminaire, et qui explique largement l'attitude -pleine de non-dits et sous-entendus de Monseigneur Lefebvre au sujet de la II Guerre Mondial (et de l'Occupation) 

Mais plus piquant encore, révélateur de la vraie personnalité du célèbre abbé, l'est l'incident dont le film -vers la fin- fait allusion. Ce qui ne cachait pas moins l'amitié étroite vrai du célèbre abbé avec quelqu'un qui sent le souffre rien qu'a son évocation, véritable joujou des médias et de l'intelligentsia française quelques années avant sa mort seulement. Et je fais par là allusion à une de mes vieilles connaissances -tel que je l'ai déjà consigné sur les pages de ce blog-, Roger Garaudy, intraitable -en procureur zélé et intransigeant-, comme il se montra  tout au long de sa carrière politique, à l'heure d'octroyer les bons et les mauvais points en matière de Résistance et Collaboration. 

Fascination sincère de la part de l'intransigeant idéologue (catholique-marxiste), devant la flamme qu'il sentait o croyait reconnaitre chez l'abbé fougueux qui voulait a tout prix et par tous les moyens assurer la gîte et le lit (et le toit) à tout un chacun  avant de les voir mourir -comme il les avait vus- dans les rues de Paris (d’après-guerre) de faim et de froid? 

Car c'est cette flamme ('sacrée) -d'où était (re) sorti (nota bene) l'incendie de la lutte de classes-, qui allait faire explosion au Concile Vatican II. Et c'est ce qui avait d'idéaliste et de sincère dans le projet de dialogue catholique-marxiste (au delà de la guerre asymétrique et de toutes les manœuvres d'agit-prop)

Peut-être du vrai dans tout cela, mais je ne peux pas de m’empêcher d'y voir le (jeune) milicien exécuté -sans procès ni sommation-, ministre a son insu ('post mortem)  de paix et réconciliation -au sein de la guerre civile-, et ceci de la part de l'idéologue catholique/marxiste, catholique et fils (nota bene) de catholique d'AF,comme je pus le lire ébahi dans les pages de son testament "philosophique" -converti à l'Islam à la fin de sa vie-, qui pardonna -ou gracia (et oublia)- ainsi les équivoques et ambiguïtés de l’Église -dont se ne fit pas moins l'écho le célèbre abbé, comme nous l'avons déjà vu (*)

Et également de la part de l’apôtre d'Emaüs, ce qui lui fit oublier -comme "peccata minuta"- et revindiquer plus tard les textes révisionnistes et négationnistes de son vieux ami fidèle. Sous l'ombre d'un remord. Et dans notre souvenir (en geste de pardon)

 

(*) A l'appui de tout ce qui vient d'être dit, l'extrême dramatisme d'un passage de cet ouvrage (dernier) de Garaudy -"Biographie du XX siècle"- où il recueillit son témoignage (autobiographique) sur la condamnation à mort dont il fut l'objet, à Ghardaïa, au fin fond du djébel, au désert algérien, pendant la guerre et l'occupation, sous le régime de Vichy. Ce dont il échappa de justesse -ensemble avec d'autres condamnés-, grâce à l'ordre de celui -officier des troupes algériennes de l'armée française- qui commandait le peloton d'exécution. Et ce fut au nom du code (sacré) d'honneur dans la loi islamique qui interdisait la mise à mort sans procès ni sommation. Ce qui fut le cas du jeune milicien (malheureux) enfoui dans le maquis du Vercors. Point d'orgue de toute une trajectoire. Sacré  pied-de-nez à la Bien-Pensance peu avant sa mort (sans la moindre rétractation). Bravo Abbé Pierre!!! L'honneur sauf. Le sien propre et celui de son sacerdoce. Chapeau!     

lundi 13 novembre 2023

MAGIE FINNOISE

 


Magie finlandaise. A quoi ça tient? A la mélancolie sans doute des cieux, des paysages urbains -à "la HOPPER"- de Helsinki, sa capitale. C'est ce qu'on peut en déduire à la vue du film récent du réalisateur -et scénariste- finlandais Aki KAURISMAKI, qui m'a surpris et tout de même convaincu. Un film, "Les feuilles mortes" surprenant en  effet. Sans doute du "passé fantasme" d'un directeur "d'un autre temps" comme le dépeint une critique de spectateurs que je viens de lire récemment à la sortie du cinéma. Qui me rappelle fatalement l'autre film du même auteur -"L'homme" sans passé"- que j'avais vu cela fait plus de vingt ans (déjà!), d'ambiance (touchante) finlandaise également, et d'une même haleine sociale à la fois, l'immigration étrangère de toile de fond, et cachée ou enfouie derrière elle, la problématique de la minorité lapone, gros tabou là-bas.  Un film romantique, en échange maintenant, et en même temps social -l'utopie d'un mélange impossible et presque impensable en vérité?- teint d'une mélancolie aussi irrépressible qu'indéfinissable tous les deux. Aussi bien que d'une indéniable poésie, et d'une réelle empathie pour les personnages, trillés dans un milieu social très populaire. Ouvriers (ou employés) dans la vie de tous les jours et rêveurs d'une vie toute autre et d'un monde meilleur tels qu'ils se montrent au fond d'eux mêmes et au long des scènes le plus marquantes de ce film (d'auteur). Saupoudrés d'un petit humour très de chez eux qui provoque des rires spontanés en rafale (tel qu'il m'est arrivé moi-même, dure et difficile à faire rire) au milieu des situations très tendues voire désespérées. Poète et cinéaste à la fois, KAURISMAKI, une espèce à part qui nous manque tant. Peu connu de ce coté de l'Europe, un peu moins que JARMUSCH de qui il se rapproche (d'après certains) Et une histoire d'amour de toile de fond surprenante, -et de par sa prose et de par son coté vrai à la fois. Comme deux éclats de lumière -ces deux film du même auteur finlandais- venus de l'autre bout de l'Europe, d'une Europe autre où il fait (très) froid au dehors et où l'on se chauffe et réchauffe plus que dans les pays chauds (et je parle plutôt de chez moi) Problème d'alcool et de manques de perspective chez lui, d'argent et de manque de sécurité de l'emploi chez elle, très concrets et limités, et très réels en même temps. Transporté, c'est ainsi que je me sentis, a la vue de ce film comme sensation dominante, vraiment! Et dans l'espace et dans le temps également. Dans cet année lointaine -été 1966, si loin  déjà!- où j'avais accosté en voyage de plaisance -en prix d'avoir réussi la fin de mes études du bac (avant l'entrée dans l'université)- au bord d'un navire de fret, le port finlandais de KEMI, tout près de la côte et frontière suédoises et  à la pointe Nord de la cote finnoise dans la Baltique, où -de mes yeux éberlués de jeune adolescent (âgé de 16 ans)- j'avais découvert un monde nouveau qui allait me manquer par la suite, marqué par l'aisance et désinvolture des rapports de jeunes de l'un et l'autre sexe, inconnus -et parfaitement tabous- dans l'Espagne d'alors. Et personnifié dans cette jeune finlandaise avec qui j'avais dansée -joue contre joue- dans une fête populaire là-bas. Ressemblant étrangement, cette fille -des traits (anguleux) typiquement finnois, et disparue de ma vie à jamais- la femme protagoniste du film que je viens de voir. KAURISMAKI, ou un parfum et une ombre finnoise qui viennent et s'en vont dans ma vie également. Jusque quand?

samedi 16 septembre 2023

ECRIRE EN BELGIQUE (sous l'oeil de la Bienpensance)

 


Bien-pensants et bienpensance ce sont des termes de libre circulation en langue française, celle qui les avait vu naitre. Car celui de bien-pensant apparut pour la première fois et atteignit sa plus grande diffusion dans l'ouvrage de Georges Bernanos (hors de tout soupçon) "La peur de bien-pensants" une sorte d'apologie et revendication, cet ouvrage tout en entier, de la figure et l’œuvre de Edouard Drumont, auteur et éditeur de "La Libre Parole" et exposant décrié de l'anti-sémitisme contemporain (également en langue française) 

Et cela vient on ne plus à propos après lecture -quelque peu espacée mais reprise jusqu'au bout récemment- d'un ouvrage -thèse de doctorat- d'une rare érudition -comme un vade-mecum de la classe universitaire ici, et de la classe politique à la fois- d'un impressionnant appareil de références accompagnant, style, verve et qualité littéraire du plus haut niveau en plus, sur l'ensemble de la littérature catholique belge dans toute la période d'entre-guerres. 

D'une chercheuse belge (hors de tout soupçon), si profond et pertinent dans beaucoup de ses réflexions que moi -ancien prêtre catholique -et de par certaines allusions univoques telles qu'à la vie de bohème (sic) ou aux "électrons libres" et j'en passe)- ne pus pas moins de m'y sentir visé et d'y voir une sorte de règlements de comptes, sinon avec le passé individuel de l'auteure (qui sait? Je n'en sais rien), mais sí par rapport a son passé collectif, du fait de sa nationalité (belge) 

Des comptes d'une guerre civile européenne (sic), travestie hier comme aujourd'hui -tel que l'avait dénoncé Dominique Venner dans l'un de  ses derniers ouvrages- en guerre de religion. Protestantisme et libre-pensée, de mèche tous les deux face à un catholicisme dénigré en bloc, sans nuances ni distinctions et -cela va de soi- tourné (convenablement) en dérision. Car la mise en accusation -à titre de complicité directe ou indirecte ou de compagnonnage de route du nazisme et de la Collaboration- de panels entiers de l'Histoire littéraire belge et de culture contemporaine (presque tout entière) tels qu'on voit se dérouler au fil de ses pages, m'invitent (on ne peux pas moins dire) à relever un pareil défi. Et c'est dès le début de ce parcours ou de cette dérive, qu'on est en train de le voir ainsi.  

Et c'est à partir de "Durendal", la première revue littéraire de l'histoire belge, objet d'oubli flagrant-et pour quoi?-  dans le cours "Catholicisme et Littérature" que j'avais suivi à l'ULB -Institut des Religions- fraichement débarqué en  Belgique. C'est peut-être que la ficelle était trop grosse d'y voir dans cette revue pieuse, un peu bondieusarde (peut-être), historiquement pleine d'intérêt nonobstant et d'un indéniable haut niveau littéraire à la fois -tel que je le découvre quelque peu ébahi maintenant-, d'y voir donc le point de départ de cette dérive à laquelle je fais allusion, qui amènerait tout droit vers le  rexisme et la Collaboration (*) D'où que cet énigmatique silence s'apparente par trop à une montre de pudeur. Analyse marxiste d'histoire de la littérature -marque Hobsbauwm-  sociologie du métier d'écrivain accompagnant, mais vraiment! Au point qu'on dirait que l'auteure en prend de la graine (à profusion) 

Là où le catholiques et le catholicisme -le catholicisme à la belge du moins, au sens non seulement religieux et ecclésiastique, mais culturel également- figure dans le camp des perdants (de naissance) et des vaincus of course. Cloué au pilori au sens propre et figuré- dans la personne du repoussoir attitré ici -après le Duc d'Albe- savoir Léon Degrelle. Avalant ainsi en même temps les plus grosses couleuvres, telles que celle de montrer le catholicisme -pratiquant, aussi bien que de naissance- de rexistes les plus voyants -a commencer par le "beau Léon" (*)- tels que José Streel, ancien louvaniste (brillant) et condamné à mort -en appel de sa peine d'emprisonnement, quelle correction! (...)-  et exécuté (sans pitié) pour délit de presse (savoir de "mal-pensance") à la Libération (...)

Ou se laissant aller si loin dans sa passion de vindicte partisane et politique jusqu'à  pourfendre des personnalités du plus haut envol tel que Pierre Nothomb, quitte au risque d'abattage ou de jeter le discrédit  en même temps sur l'ensemble de la classe politique belge d'alors (et de leurs illustres descendants dans  la Belgique d'aujourd'hui) 

 (*) Un fil conducteur qui allait de Maurice Barres à Charles Maurras (point de passage obligé bien évidemment), en passant par des "maitres du dehors" (pas des catholiques, ni nationalistes non plus), tels que Psichari, petit fils de Renan, et de ce dernier même. Jusqu'à (last but not least) Robert Brasillach. Point. En y ajoutant tout de même deux noms de chrétiens (sic) -non catholiques mais quelque peu compromettants (ou compromis)- tels que Paul Desjardins -Union pour l'Action Morale, et Décades de Pontigny (1922-1939)- et le russophile (et ami de Paul Bourget) Melchior de Vogüé (prononcé, tel que le professeur nous faisait remarquer, quelque peu amusé, avec un u) Mais pas un mot -j'en suis formel- de Durendal. Pour quoi?

 (*): ".../...Rex étant une dissidence catholique" (op. cit. p.  94)